Victime ou témoin de violences à l’égard d’un enfant, un numéro à retenir pour alerter ou demander conseil : le 119
Alors que 58 % des Français estiment que parler des violences faites aux enfants est encore tabou, le ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées relance sa campagne de lutte contre les violences faites aux enfants du 12 octobre au 8 novembre 2026. Cette campagne vise à faire connaître le 119, numéro national d’appel et site web de l’enfance en danger, pour inciter les adultes à agir en cas de doute ou de suspicion de violence, ainsi que les mineurs en danger ou à risque de l’être.
Selon une enquête menée en 2025, diligentée par le ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles et réalisée par l’institut Toluna Harris pour le ministère, 58 % des Français estiment qu’en parler demeure tabou et 74 % déclarent avoir des difficultés à identifier les situations de violence. Parmi les personnes ayant été témoins de violences envers un enfant, seules 33 % indiquent avoir contacté la police et 18 % un numéro d’urgence.
En 2025, les équipes du 119 ont traité 45 593 sollicitations, dont 26 080 ont donné lieu à une information préoccupante. Ces chiffres soulignent l’importance de sensibiliser le grand public et les professionnels au repérage des violences et à la nécessité d’agir.
Une campagne pour encourager chacun à agir
Après une première campagne en 2025 principalement destinée à l’entourage des enfants, cette nouvelle édition s’adresse également aux enfants et aux adolescents victimes ou susceptibles de l’être. Déployée sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques, elle repose sur des vidéos et des spots audio destinés à différents publics.
La campagne rappelle qu’il n’est pas nécessaire d’avoir des certitudes ou des preuves pour demander conseil ou alerter. Un doute, une inquiétude ou des signes inhabituels peuvent suffire à contacter le 119.
Cette initiative s’inscrit dans le Plan de lutte contre les violences faites aux enfants 2023-2027, qui vise à renforcer la prévention, le repérage et la protection, en mobilisant les familles, les professionnels, les institutions et l’ensemble des citoyens.
Regarder la video Youtube de campagne de lutte contre les violences faites aux enfants.
De nouveaux outils de sensibilisation et de prévention
Plusieurs outils viennent compléter la campagne :
- Le respectomètre, créé par l’association L’Enfant bleu, est un support pédagogique destiné à aider les enfants à comprendre, repérer et nommer les situations de violence. Il peut également être utilisé par les parents et les professionnels de l’enfance pour favoriser le dialogue.
- Un module de formation en ligne consacré à l’enfance en danger est mis à disposition des professionnels afin de renforcer leurs connaissances et leurs capacités de repérage.
Les violences faites aux enfants peuvent prendre différentes formes : physiques, sexuelles, psychologiques ou liées à des négligences graves. Elles peuvent survenir dans tous les environnements de vie, au sein de la famille comme à l’école, dans les structures de soins, les établissements médico-sociaux ou les activités de loisirs. Leurs conséquences peuvent affecter durablement la santé, la sécurité et le développement de l’enfant.
Le 119 : un dispositif gratuit et confidentiel
Le 119 est accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Gratuit et confidentiel, il n’apparaît pas sur les factures téléphoniques. Il peut être contacté par tout adulte préoccupé par la situation d’un enfant, ainsi que par les enfants et les adolescents eux-mêmes, pour leur propre situation ou celle d’un autre mineur.
Le dispositif propose également plusieurs modalités de contact en ligne :
- Un tchat destiné aux jeunes jusqu’à 18 ans, accessible tous les jours de 15 h à 20 h 30.
- Un formulaire sécurisé permettant aux adultes de transmettre une alerte.
- Une plateforme accessible en langue des signes française (LSF) pour les personnes sourdes ou malentendantes.
Les professionnels du 119 écoutent, conseillent et évaluent les situations. Si un danger ou un risque de danger est identifié, les informations peuvent être transmises aux services départementaux compétents, notamment aux cellules de recueil des informations préoccupantes (CRIP), afin qu’une évaluation et des mesures adaptées puissent être mises en œuvre.
En cas de danger grave et immédiat, il convient de contacter les services de première urgence : le 17 ou le 112 pour la police ou la gendarmerie, le 18 ou le 112 pour les pompiers, le 15 pour le Samu, ou le 114 par SMS pour les personnes sourdes ou malentendantes.
La protection des enfants repose sur la vigilance de tous. Face à une situation inquiétante, même en l’absence de certitude, contacter le 119 permet d’obtenir des conseils et de contribuer à la mise en sécurité d’un enfant.
Pour en savoir plus :
Source : Rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) 2019 ; Rapport d’activité du GIP France enfance protégée ; Service national d‘accueil téléphonique de l‘enfance en danger 2023.